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[13/12/2007 9:47]
Je n'ai plus peur de la mort



Elle est pensée, elle est souhaitée, elle est ignorée, elle est refusée. Mais qui elle est, pourquoi en a-t-on si peur ? Se préparer à mourir : grands mots, pour préparer quoi. Epicure disait « le plus effroyable de tous les maux, la mort, n'est rien pour nous, puisque tant que nous vivons, la mort n'existe pas. Et lorsque la mort est là, alors, nous ne sommes plus. La mort n'existe donc ni pour les vivants, ni pour les morts puisque pour les uns elle n'est pas, et que les autres ne sont plus. » La mort est le néant, la mort ne veut rien dire. Accepter de mourir, c’est accepter de ne plus être et c’est cela qui impose une peur. Chacun sait qu’il vit pour quelque chose, chacun ne sait pas pourquoi, un jour, il s’éteint. Mais seul celui qui vit peut mourir. C’est la notion d’existence et notre conscience qui nous font appréhender la mort. En comparaison au règne animal, on pourrait dire que seul l’homme meurt, parce qu’il se pose la question, parce qu’il instaure des rites, parce qu’il se sécurise en préparant un destin dans le néant. Ou alors l’homme a peur de l’éternel recommencement, et il s’en va parce qu’il s’ennuie, il revient avec des nouveautés, ce qui explique l’évolution sur la Terre. S’appliquer à penser qu’aujourd’hui est le dernier jour rendra toujours la vie meilleure même si l’être dit la vie est un perpétuel recommencement, il n’y a que nous qui la menons et l’amenons, il n’y a que soi qui la guidons, elle ne dépend que de notre moi.

Comment imaginer la mort, comment vivre la mort ? Personne ne pourrait y répondre, on ne vit pas dans la mort. Or ce paradoxe vie-mort est pourtant un phénomène que j’ai l’impression d’avoir vécu parce qu’aujourd’hui je rentre dans la vie. En dissociant mon corps physique de mon esprit réaliste, tout porte à croire que cette enveloppe fut la mort. Ma structure objective ne vivait pas, je ne la sentais pas, ce qui est discutable puisque lorsqu’on sent ce corps subjectif c’est pour dire j’ai mal. Mais maintenant que la vie circule, je sens physiquement le chaud se disséminer, les sensations exister, le subjectif et l‘objectif ne font plus qu‘un. Si la vie est son corps alors oui j’étais en vie, mais si la vie est la sensation de ce corps alors j’étais morte. La mort est la disparition du moi, une définition négative qui ne peut ni se regarder en face, ni penser. Or mon moi a toujours refusé la mort, la fausse mort, la soi-disant liberté, la mort pas suicide, parce que j’aurais refusé de connaître la joie, la vie et l’existence, qui eux sont la Liberté. Je n’ai donc pas vécu la mort puisqu’elle est irrémédiable et irréversible, je l’ai juste ressentie et je sais qu’elle sera inévitable, mais je n’ai pas peur. Elle sera symbole d’une liberté retrouvée, elle sera aussi le parcours d’une vie élaborée, réfléchie et gagnée, et même si elle reste néant pour nous tous, je n’ai pas peur d’une vie délimitée parce que je vis sans limites.





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